13/7/2020

Lecture de : Nadia El-Mabrouk, Notre Laïcité, Éditions Dialogue Nord-Sud, Montréal, 2019

Je connais Nadia El-Mabrouk depuis quelque temps et, au-delà de la sympathie que j’éprouve à son égard, je dois aussi dire que j’ai de l’admiration pour elle et pour toutes ces femmes venues du Maghreb ou du Moyen-Orient qui ont le courage d’affirmer leurs convictions et de se battre autant contre les valeurs patriarcales de l’intégrisme religieux qui essaiment dans leurs communautés d’origine que contre la mièvrerie prétendument progressiste d’une partie de la société qui les a accueillies.  

Je vise évidemment ici ces progressistes d’un nouveau genre, qui, à la fois par ignorance et du fait d’un aveuglement volontaire n...

18/6/2020

Lecture de Jacques Beauchemin, Une démission tranquille, Boréal, 2020

Vingt-cinq ans après la défaite référendaire de 1995, « l’heure est au bilan » au sujet de l’identité québécoise, comme l’indique l’universitaire Jacques Beauchemin dans son dernier essai, Une démission tranquille (Boréal, 2020). Beauchemin y analyse la disposition « psychosociale » des Québécois et, de ce fait, s’inscrit dans la quête contemporaine des penseurs de la condition et de l’identité québécoises qui tentent de démystifier le blocage politique dans lequel nous sommes plongés, en examinant les racines et l’évolution de notre conscience collective qui est passée d’une identité canadienne-française à l’identité québécoise au cours d...

12/4/2020

Lecture de Shlomo Sand, La mort du Khazar rouge, Paris, Éditions du Seuil, 2019

    

  L’automne dernier, alors que je préparais un voyage en Israël-Palestine, j’ai déniché ce livre, La mort du Khazar rouge, un polar écrit par le réputé historien israélien Shlomo Sand. À ma connaissance, c’est la première fois que le professeur de l’université de Tel-Aviv utilise le genre romanesque pour faire connaître le fond de sa pensée sur la société israélienne.

      L’audacieuse entreprise de Shlomo Sand m’a poussée à plus de hardiesse encore ! Cet article cherche à établir un lien entre ce roman noir, son auteur, le post-sionisme et le courant des « nouveaux historiens » israéliens. Rien de moins....

16/2/2020

Lecture de Louis-André Richard, La Cigogne de Minerve. Philosophie, Culture palliative et Société, Presses de l’Université Laval, 2018.

Aucune semaine ne passe, semble-t-il, sans un nouveau sursaut médiatique autour de la question de l’aide médicale à mourir. Cette emphase est bien sûr à la hauteur du phénomène : après l’abolition de la peine de mort, nos lois enchâssent de nouveau le droit pour l’État de mettre fin à la vie. Comprendre et expliquer cette transformation politique majeure, avec toutes les questions éthiques qu’elle suscite, est une entreprise intellectuelle ardue. C’est toutefois ce qu’a réussi Louis-André Richard, professeur de philosophie au Cégep de Sainte-Foy, avec son livre La Cigogne de...

6/1/2020

Lecture de : Mark Fortier, Mélancolies identitaires – Une année à lire Mathieu Bock-Côté, Lux, 2019 (168 p.)

Quand j’ai entendu pour la première fois parler de cet essai de Mark Fortier, je me suis dit qu’il apportait la preuve indubitable de la place que Mathieu Bock-Côté occupait, quoi que se plaisent à en dire ses adversaires, dans le paysage intellectuel québécois. Puis, lorsque j’ai lu la critique très élogieuse qu’en a donné Le Devoir, offrant même à son auteur –  fait assez inusité – les honneurs d’une première page, j’ai décidé d’acheter Mélancolies identitaires entre autres parce que cet article affirmait que l’essayiste se gardait « d’imiter le ton bêtement péremptoire qu’adoptent sur les réseaux s...

30/12/2019

Lecture de : Maria de Koninck. Maternité dérobée. Mère porteuse et enfant sur commande, Éditions MultiMondes, 2019 (192 p.)

Alors que Santé Canada a annoncé récemment l’entrée en vigueur prochaine du règlement encadrant les dépenses pouvant être remboursées à une mère porteuse par ceux qui font appel à ses services[1], et que la Ministre québécoise de la Justice planche sur une réforme globale du droit de la famille qui inclura notamment les questions entourant la filiation des enfants nés de cette pratique[2], l’essai de la sociologue Maria de Koninck, Maternité dérobée : Mère porteuse et enfant sur commande, tombe à point. Dans son ouvrage, dont le sous-titre accrocheur résume bien la position de l’auteure...

29/11/2019

Lecture de : Pierrette Lafond, Promenade en Enfer. Les livres à l’Index de la bibliothèque historique du Séminaire de Québec, Québec, Les Éditions du Septentrion, 2019

Barbey d’Aurevilly estimait que « l'enfer, vu par un soupirail, devrait être plus effrayant que si, d'un seul et planant regard, on pouvait l'embrasser tout entier ». Ce coup d’œil sur « l’enfer, vu par soupirail », c’est un peu ce à quoi nous convie Pierrette Lafond dans cet ouvrage, même s’il ne s’agit ici que d’un Enfer métaphorique, celui qui, dans les bibliothèques de jadis, était destiné à recueillir les ouvrages dont on jugeait qu’ils ne devaient pas être mis entre toutes les mains. En effet, cette étude ne s’intéresse pas aux interdits...

13/11/2019

Lecture de Judith Lussier, On peut plus rien dire, Le militantisme à l’heure des réseaux sociaux, Éditions Cardinal, 2019

Dans la deuxième partie d’On peut plus rien dire, Judith Lussier se propose comme tâche d’analyser les méthodes et l’idéologie des SJW, mais aussi de commenter certains événements ayant fait polémique au cours des dernières années. Lussier présente aussi dans son essai quelques figures importantes des SJW québécois, même si certains de ceux qu’elle cite refusent de porter cette étiquette.

Pourquoi dérangent-ils ?

L’analyse de Lussier part de l’observation que les SJW ont tendance à déranger et elle énumère durant tout un chapitre les raisons qui expliquent pourquoi ils gênent autant le publ...

1/11/2019

Lecture de Judith Lussier, On peut plus rien dire, Le militantisme à l’heure des réseaux sociaux, Éditions Cardinal, 2019

À tort ou à raison, il y a un sentiment dans la population qu’« on peut plus rien dire ». Ceux  qui partagent un tel sentiment ont notamment l’impression que les accusations de racisme, sexisme, islamophobie, transphobie, homophobie et autres phobies pendent comme une épée de Damoclès au-dessus de toute émission, tout spectacle, toute œuvre et tout débat. Ceux qui tiendraient cette épée seraient les social justice warriors (SJW) ou, en français, guerriers de la justice sociale. C’est ce phénomène des SJW que la journaliste, chroniqueuse et animatrice Judith Lussier a voulu analy...

Lecture de : Patrick Moreau, La prose d’Alain Grandbois. Ou lire et relire Les voyages de Marco Polo, Nota Bene, 2019.

Cette recension de l’essai de Patrick Moreau sur la prose d’Alain Grandbois a été motivée, à l’origine, par mon désir de lire Alain Grandbois, un auteur dont j’avais entendu beaucoup de bien mais que je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire. Autant dire que l’étude sur l’œuvre me servait de prétexte à lire l’œuvre, et j’ai lu Les Voyages de Marco Polo comme s’il s’agissait d’un prérequis à la lecture de La prose d’Alain Grandbois, par souci de faire les choses dans le bon ordre, si on veut. Ce fut une décision judicieuse, car j’ai pu connaître la prose de Grandbois la conscience vierge...

Please reload

Réseaux sociaux
  • Grey Facebook Icon
  • Grey Twitter Icon
Nouvelles parutions
CVArgument21 2_c1.jpg