21/8/2019

Lecture de : Mathieu Bock-Côté, L’empire du politiquement correct, éditions du Cerf, Paris (299 pages)

L’atmosphère est oppressante. Les mots, comme l’oxygène sur les blancs sommets alpins, se raréfient. Cette raréfaction fait s’atrophier la pensée, qui respire de moins en moins profondément. Elle réduit les esprits, de plus en plus formatés par un langage privé de ses nuances les plus expressives, et les entraîne dans des ornières prononcées dont il devient franchement difficile de s’extirper. L’école ne nous y aidera pas. Les grands médias d’information non plus. C’est pourquoi on ne soulignera jamais assez l’importance du dernier ouvrage du sociologue et intellectuel québécois Mathieu Bock-Côté , paru aux...

16/8/2019

Lecture de : Alexandre Motulsky-Falardeau, La rhétorique aujourd’hui, Presses de l’Université Laval, coll. À propos, 2018 (90 pages).

Le simple fait de lire le mot « rhétorique » provoque aujourd’hui notre suspicion. Ne sommes-nous pas en effet quotidiennement confrontés à des « discours rhétoriques », à une « rhétorique trompeuse » (généralement de la part de nos adversaires idéologiques) ? Selon Alexandre Motulsky-Falardeau, chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, conférencier et fondateur de l’École de rhétorique, cette incompréhension du mot occulte le sens plus noble de la rhétorique comme « art du discours » et, qui plus est, son utilité pour la vie démocratique....

24/5/2018

Lecture de : Jean-Martin Aussant, La fin des exils. Résister à l’imposture des peurs. Avec des œuvres de Marc Séguin, Montréal, Atelier 10, 2017, 102 p.

          Il est parfois des personnages publics dont on entend plus ou moins parler et dont on aurait envie de sonder le fond de la pensée. Ils sont tapis dans l’ombre et leur retrait semble les revêtir d’une force dormante. Il en est ainsi de celui qui, au moment de l’oraison funèbre de Jacques Parizeau en 2015, appelait de ses vœux, « la fin des exils. De tous les exils, qu’ils soient géographiques ou intellectuels[1] » et qui mit fin le mois suivant à son exil londonien, où il travaillait à la City, pour rentrer au Québec. Ancien député du Parti québécoi...

Lecture de : Penser le Politique à l’heure de l’éclatement des repères et de la menace de nouvelles servitudes, Louis-Andé Richard (éd.), Québec, PUL, 2017.

La modernité politique tend par son mouvement naturel à multiplier et affermir les séparations. Parmi les cloisons que notre libéralisme veille à consolider, celle qui dissocie l’existence individuelle de l’existence collective est d’une importance capitale. L’homme en son individualité n’est pas – n’est plus, faudrait-il dire – un citoyen. De cette singulière dislocation de l’homme et de sa communauté découle d’autres séparations nouvelles et non moins importantes. C’est désormais en sa capacité d’individu et non d’animal politique que l’être humain se...

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