13/11/2019

Lecture de Judith Lussier, On peut plus rien dire, Le militantisme à l’heure des réseaux sociaux, Éditions Cardinal, 2019

Dans la deuxième partie d’On peut plus rien dire, Judith Lussier se propose comme tâche d’analyser les méthodes et l’idéologie des SJW, mais aussi de commenter certains événements ayant fait polémique au cours des dernières années. Lussier présente aussi dans son essai quelques figures importantes des SJW québécois, même si certains de ceux qu’elle cite refusent de porter cette étiquette.

Pourquoi dérangent-ils ?

L’analyse de Lussier part de l’observation que les SJW ont tendance à déranger et elle énumère durant tout un chapitre les raisons qui expliquent pourquoi ils gênent autant le publ...

1/11/2019

Lecture de Judith Lussier, On peut plus rien dire, Le militantisme à l’heure des réseaux sociaux, Éditions Cardinal, 2019

À tort ou à raison, il y a un sentiment dans la population qu’« on peut plus rien dire ». Ceux  qui partagent un tel sentiment ont notamment l’impression que les accusations de racisme, sexisme, islamophobie, transphobie, homophobie et autres phobies pendent comme une épée de Damoclès au-dessus de toute émission, tout spectacle, toute œuvre et tout débat. Ceux qui tiendraient cette épée seraient les social justice warriors (SJW) ou, en français, guerriers de la justice sociale. C’est ce phénomène des SJW que la journaliste, chroniqueuse et animatrice Judith Lussier a voulu analy...

Lecture de : Patrick Moreau, La prose d’Alain Grandbois. Ou lire et relire Les voyages de Marco Polo, Nota Bene, 2019.

Cette recension de l’essai de Patrick Moreau sur la prose d’Alain Grandbois a été motivée, à l’origine, par mon désir de lire Alain Grandbois, un auteur dont j’avais entendu beaucoup de bien mais que je n’avais encore jamais eu l’occasion de lire. Autant dire que l’étude sur l’œuvre me servait de prétexte à lire l’œuvre, et j’ai lu Les Voyages de Marco Polo comme s’il s’agissait d’un prérequis à la lecture de La prose d’Alain Grandbois, par souci de faire les choses dans le bon ordre, si on veut. Ce fut une décision judicieuse, car j’ai pu connaître la prose de Grandbois la conscience vierge...

21/8/2019

Lecture de : Mathieu Bock-Côté, L’empire du politiquement correct, éditions du Cerf, Paris (299 pages)

L’atmosphère est oppressante. Les mots, comme l’oxygène sur les blancs sommets alpins, se raréfient. Cette raréfaction fait s’atrophier la pensée, qui respire de moins en moins profondément. Elle réduit les esprits, de plus en plus formatés par un langage privé de ses nuances les plus expressives, et les entraîne dans des ornières prononcées dont il devient franchement difficile de s’extirper. L’école ne nous y aidera pas. Les grands médias d’information non plus. C’est pourquoi on ne soulignera jamais assez l’importance du dernier ouvrage du sociologue et intellectuel québécois Mathieu Bock-Côté , paru aux...

16/8/2019

Lecture de : Alexandre Motulsky-Falardeau, La rhétorique aujourd’hui, Presses de l’Université Laval, coll. À propos, 2018 (90 pages).

Le simple fait de lire le mot « rhétorique » provoque aujourd’hui notre suspicion. Ne sommes-nous pas en effet quotidiennement confrontés à des « discours rhétoriques », à une « rhétorique trompeuse » (généralement de la part de nos adversaires idéologiques) ? Selon Alexandre Motulsky-Falardeau, chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, conférencier et fondateur de l’École de rhétorique, cette incompréhension du mot occulte le sens plus noble de la rhétorique comme « art du discours » et, qui plus est, son utilité pour la vie démocratique....

1/8/2019

Lecture de Jacques Houle, Disparaître ? Afflux migratoires et avenir du Québec, préface de Mathieu Bock-Côté, Montréal, Liber, 2019, 141 p.

S’il est un sujet que l’on manipule avec des pincettes, au Québec, c’est bien celui de l’immigration. La rationalité la plus élémentaire fait souvent défaut dans ce débat. Pourtant, c’est bien d’elle que nous avons besoin, plutôt que de clichés manichéens. D’un côté, il y aurait ceux qui sont disposés à l’accueil et à la générosité ; de l’autre, ceux qui font preuve de fermeture. Ancien fonctionnaire fédéral d’Emploi et Immigration Canada, Jacques Houle ose s’atteler, sans prétention ni mauvaise conscience, d’un point de vue rationnel justement, à ce sujet épineux de l’i...

1/7/2019

Lecture de : Pierre Cayouette, Les amoureux du jour 2, Druide éd., Montréal, 2018.

Depuis Saint Louis, le chêne est symbole de justice. Le souverain, instigateur en son royaume de la présomption d’innocence, recevait en effet ses sujets sous un chêne pour entendre leurs griefs avant de les référer à ceux qui, alors, détenaient le pouvoir de prendre de justes décisions quant aux problèmes évoqués sous le grand arbre verdoyant. En résultait une certaine concorde, une société apaisée et modérée. C’est cet esprit qui émane du tout dernier roman de Pierre Cayouette Les amoureux du jour 2. Journaliste, biographe et romancier très doué, Cayouette publiait l’automne dernier aux éditions du Druide cette nouvelle œuvr...

18/6/2019

Lecture de : Normand Baillargeon (dir.), Liberté surveillée, Montréal, Leméac, 2019

Patrick Moreau, le rédacteur en chef de la revue Argument, publiait en 2017 Ces mots qui pensent à notre place ; dans son édition de l’automne-hiver 2018-2019, la même revue Argument présentait un dossier sur la censure ; Judith Lussier faisait paraître cet hiver On ne peut plus rien dire et Mathieu Bock-Côté lance ce printemps en France et au Québec L’empire du politiquement correct. Il est évident que les intellectuels de tous les horizons politiques sont préoccupés par la manière dont se prend la parole dans l’espace public. Devant l’importance du sujet et ce florilège de réflexions, Normand Baillargeon a décidé pour sa pa...

30/4/2019

Lecture de : Alain Deneault, Faire l’économie de la haine. Essai sur la censure, Écosociété, 2018

Notre époque entretient avec le réel un rapport trouble. C’est impunément que la richesse s’accumule, allant parfois à l’encontre de la vie elle-même, et ce dans le plus grand mépris des peuples, des cultures et des écosystèmes. Contrairement à ce qu’en disent nos élites intellectuelles, culturelles et médiatiques, le capitalisme globalisé ne tolère aucune parole dissidente. Alain Deneault, philosophe et essayiste, en sait quelque-chose. Il avait été poursuivi, avec son éditeur, pour « diffamation » par deux entreprises minières canadiennes peu après la parution en 2008, de Noir Canada, pour avoir critiqué...

26/3/2019

Lecture d’Hommage de l’éditeur, Cinq essais remarquables réunis et présentés par Giovanni Calabrese, Éditions Liber, 2018

Sous ce titre en lui-même programmatique et dont Giovanni Calabrese s’explique en quatrième de couverture, ce livre réunit cinq essais (Le fantôme du monde de Jacques Beaudry, L’orgueil qu’on enferme de Christophe Etemadzadeh, Les promesses du silence d’Éric Gagnon, Hiérarchies de Louis Godbout et Dialogues en ruine de Laurent-Michel Vacher) déjà publiés dans les années précédentes par la même maison d’édition et que leur éditeur a décidé de republier ici, en un seul volume. À lire cette brève description, on saisit déjà l’originalité ou le caractère inattendu d’un tel projet éditorial.

Le...

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